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Synthèse

« La nature de la guerre pousse à la surenchère de la violence de telle sorte qu'elle conduit à une violence absolue et illimitée, mais dans les faits, cela n'arrive presque jamais : la guerre réelle n'atteint presque jamais ce degré de violence absolue »

La guerre est un affrontement entre des individualités, des volontés. Chacun vise à soumettre l'autre à sa volonté.

Pour ce faire, les belligérants utilisent la force. Plus l'adversaire sera résistant, et plus la force sera déployée, jusqu'à ce qu'il y ait une victoire. Si on ne déploie pas toute sa force, l'autre le fera et nous terrassera. Pour soumettre l'autre à sa volonté, on utilise autant de force que nécessaire.

Aussi, la violence de la guerre n'est pas naturellement bornée, limitée : elle est par nature absolue et illimitée, car rien ne l'empêche en théorie.

En pratique, la guerre réelle est toujours contextuelle : elle s'inscrit dans un certain cadre, est au service d'un objectif politique limité, est pleine de calculs. Cela fait que même si la nature de la guerre pousse en théorie à la surenchère de la violence, dans les faits, la montée aux extrêmes est modérée et limitée.

La guerre est d'autant plus contextuelle qu'elle n'a pas de forme fixe. On fait la guerre différemment selon les époques.

Au XVIIIe siècle, la guerre est un affrontement décidé par les souverains et leurs conseillers, et elle est exécutée par une armée de métier, professionnelle. C'est la guerre des cabinets.

Ces guerres sont prudentes : elles sont annexées à un objectif politique borné, mènent souvent à des négociations, et les armées de métier sont tellement coûteuses qu'il faut les manier précieusement. Ces guerres du XVIIIe siècle sont donc loin du concept de la guerre absolue tant il y a des facteurs limitant la montée aux extrêmes.

Avec la Révolution française, la Nation prend les armes. Une des barrières limitant la violence, à savoir les ressources humaines, est levée. Cela fait que la guerre se rapproche encore un peu plus de sa nature où la violence est absolue et illimitée.

Pour résister à la puissance française, d'autres peuples prennent les armes. Ce n'est qu'avec des effectifs militaires d'une envergure inédite que Napoléon Bonaparte a pu être vaincu.

Aussi, l'événement français n'est pas isolé et est une rupture : le peuple en armes a ôté une des limitations de la guerre, ce qui fait qu'elle se rapproche de sa nature où la violence est illimitée.