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I) La nature de la guerre suppose une surenchère de la violence absolue et illimitée (2)

Dans ce passage, Clausewitz définit la guerre. Il commence par affirmer qu'elle est un « combat singulier ». Il fait une analogie entre la guerre et une lutte entre deux hommes. Dans une lutte, chacun essaie de surpasser la force de l'autre et de le vaincre. Le gagnant est celui qui résiste aux attaques de son adversaire tout en ayant la force nécessaire pour le terrasser. Telle est donc la guerre : « La guerre est donc un acte de la force par lequel nous cherchons à contraindre l'adversaire à se soumettre à notre volonté ».

Cela passe par la force car il n'y a que de cette façon qu'on peut imposer notre volonté à quelqu'un qui ne souhaite pas faire ce qu'on souhaite. Pour arriver à soumettre l'ennemi, il faut surpasser sa force et le terrasser. Dès lors, plus l'adversaire est fort et violent, et plus il faut être fort et violent pour le terrasser.

La guerre est donc un acte de violence motivé par une intention hostile envers son opposant : on fait la guerre pour forcer notre opposant à faire ce qu'on veut, alors que lui ne veut pas le faire. C'est en ce sens que l'intention qui motive la guerre est hostile.

Étant donné que la guerre est motivée, elle cherche à atteindre des objectifs. On constate donc que l'instrument de la guerre est la force, et que son objectif est de contraindre l'adversaire à se soumettre à notre volonté.

Bien que la guerre ne soit pas un acte de violence dont la violence en soi est la fin, elle n'en reste pas moins violente. En effet, si on se bat pour contraindre l'autre à sa volonté, bien que la violence ne soit pas gratuite et sans raison, elle n'a au premier abord aucune limite. S'il faut atteindre une violence inouïe pour atteindre son objectif, alors il n'y a, à première vue, aucune raison de ne pas le faire.

Aussi, la nature de la guerre pousse à la surenchère de la violence : c'est parce que la guerre est un acte de violence dont l'objectif est de contraindre l'autre à sa volonté qu'elle suppose qu'on soit autant violent que nécessaire pour atteindre son objectif.

Chacun des belligérants cherche à terrasser son adversaire. Chacun des belligérants craint d'être terrassé par son adversaire, ce qui le pousse à ne pas abandonner et à se surpasser encore. Dès lors, la violence ne peut être qu'extrême.

La nature de la guerre fait qu'elle ne prend fin qu'au moment où l'un des combattants est soumis par son adversaire. Entre le début et la conclusion de la bataille, rien ne semble pouvoir limiter et réguler la violence.

C'est en ce sens que la nature de la guerre suppose une surenchère de la violence absolue et illimitée. Dans le même chapitre que notre passage, Clausewitz affirme que « la guerre n'est elle-même qu'un extrême ».