I) Les guerres royales du XVIIe siècle
Après 1648, dans le système dit westphalien, les guerres sont majoritairement des guerres dites de cabinets. Elles opposent souvent deux États ou des groupes d’États, ayant des ressources similaires. Ces guerres sont dites classiques, ou régulières, ou encore interétatiques.
La notion de guerre de cabinet, elle, est plus spécifique à cette période, c’est-à-dire à la période de l’Ancien Régime. À ce moment-là, la guerre se décidait dans le cabinet, où le roi se réunissait avec ses plus proches ministres. C’est ce cabinet qui décidait si on faisait la guerre. Pour faire la guerre, le cabinet utilisait une armée de métier c’est-à-dire une armée de professionnels, entraînés pour faire la guerre et rémunérés pour cela.
Par nature, la guerre est associée à la souveraineté : elle peut être considérée comme un attribut de la souveraineté, c’est-à-dire que c’est le souverain qui en décide et qui la manœuvre. Si le roi faisait la guerre, c’était la plupart du temps pour atteindre des objectifs politiques et territoriaux. Le but de la guerre était la plupart du temps, soit de défendre le sol national, soit de conquérir une ville ou une province qu'on annexerait ou qui servirait de gages à une négociation. Les guerres n’avaient pas vocation à détruire les ennemis. Elle était plutôt un moyen d’atteindre des objectifs politiques qu’on n’a pas pu atteindre sans la guerre.
Si on schématise, on peut en arriver à voir ces guerres royales comme des duels entre monarques, où le peuple est un spectateur, ou bien un pion : il ne participe pas aux décisions qui sont prises dans le cabinet.
Ces guerres, étant donné qu’elles sont faites pour atteindre des objectifs politiques particuliers, et qu’elles reposent sur une armée de métier difficilement remplaçable et très coûteuse, sont naturellement limitées : on ne peut pas déchaîner une violence infinie, non bornée et sans raison. Le système westphalien ne le permet pas vraiment étant donné qu’il cherche à conserver l’équilibre entre les États, et la nature des armées régulières empêche les souverains d’utiliser leurs armées comme si elles étaient des ressources infinies.
Pour terminer ce rapide rappel des acquis de la thèse précédente, je précise que ces éléments sont des traits saillants de la période : des exceptions existent bien sûr, mais il est question de dessiner et de schématiser les caractéristiques principales.