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Synthèse

À Westphalie en 1648 naît un ordre où les États souverains se reconnaissent mutuellement, s'affrontent selon des règles et concluent la paix par des traités.

Certains acteurs armés non-étatiques combattent pour obtenir la reconnaissance de leurs droits, une réforme politique ou l'indépendance nationale : dès lors que leur but est de trouver une place dans le système international, une paix négociée demeure possible.

À l'inverse, des organisations comme al-Qaïda et Daech rejettent le système des États dans son principe même. Elles ne recherchent ni frontière reconnue, ni compromis diplomatique.

Dès lors, aucune paix négociée n'est possible avec elles : on ne négocie pas avec un acteur dont le projet est la destruction même de la table des négociations.

Que reste-t-il de Clausewitz ? La pensée de Clausewitz conserve sa pertinence : ces guerres demeurent un phénomène politique et poursuivent une finalité idéologique. La guerre change de formes sans changer de nature profonde.

En revanche, le cadre d'application classique westphalien est profondément bouleversé : les belligérants ne sont plus tous des États, et la guerre ne débouche plus nécessairement sur un traité de paix entre souverains égaux.

L'arc de cette Grande Question 1 se résume ainsi en quatre temps : 1. Après 1648 : un duel régulé entre souverainetés étatiques. 2. Après 1789 : une légitimité transférée à la Nation, mais toujours inscrite dans le système étatique. 3. Après 1945 : des peuples luttant pour leur souveraineté et réclamant leur place à la table des États. 4. À partir des années 1990 : des acteurs transnationaux cherchant à détruire le système des États, rendant la paix négociée impossible.