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I) Les guerres limitées du XVIIe et XVIIIe siècle

Au XIXe siècle, Clausewitz théorise la guerre. Pour lui, la guerre est un affrontement en deux volontés. Chacun des combattants veut soumettre son adversaire à sa volonté. Pour ce faire, ils utilisent la force. S'ils se retiennent, leur ennemi les vaincra s'il ne se retient pas. Celui qui l'emporte est celui qui réussit à surpasser l'autre de sa force. Aussi, la force utilisée n'a pas de limites : s'il faut atteindre un degré de violence et de force inouïe pour vaincre l'autre, alors cette force sera déchaînée, sinon l'autre nous vaincra.

Mais cette conception de la guerre n'est que théorique. Dans les faits, en pratique, la guerre est toujours contextuelle. Cela fait qu'il y a un certain nombre de facteurs qui viennent limiter le déchaînement de la force et la montée aux extrêmes.

La guerre est d'autant plus contextuelle que chaque époque a sa propre façon de faire la guerre. Au XVIIe et au XVIIIe siècle, les guerres étaient ce qu'on appelle des guerres de cabinet. Ceux qui décidaient de faire la guerre, c'était le roi et ses proches conseillers. Autrement, c'était le cabinet qui décidait de faire la guerre. Pour ce faire, le cabinet avait à sa disposition une armée de métier, professionnelle, et fixe. Le métier de ces soldats était de faire la guerre, et ils étaient payés pour cela.

Ces troupes étaient particulièrement coûteuses à entretenir, ce qui fait que les campagnes militaires étaient prudentes. Ces contraintes faisaient que ces guerres de cabinet étaient loin du concept de la guerre absolue : la guerre pratiquée, la guerre réelle, était une guerre où la montée aux extrêmes de la violence était restreinte et limitée.

La guerre est d'autant plus propice à être limitée qu'elle est liée à la politique : on fait la guerre pour des raisons politiques. Aussi, si un objectif politique est peu précieux, alors la guerre visant à atteindre cet objectif est peu importante. Les efforts militaires fournis dépendent de l'importance de l'objectif politique poursuivi.

Cela implique qu'il n'y a pas de raison de risquer de perdre son armée, si coûteuse et si rare, pour un objectif qui n'en vaut pas la peine. Ainsi, l'effort qu'on accorde à une guerre, dont le déploiement de force qu'on s'autorise dépend de l'objectif qu'on cherche à atteindre.

Telle est la base théorique qui sert d'appui à cette thèse. Il est désormais question d'étudier plus précisément quels sont les facteurs qui ont limité les guerres de cabinet.