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Synthèse

Selon Clausewitz, la nature de la guerre implique une montée aux extrêmes sans limites : on cherche à contraindre l'autre à sa volonté, et pour ce faire, on déploie autant de moyens que nécessaire. Cela fait que la violence déployée n'est pas bornée : elle est illimitée.

Mais dans les faits, la guerre n'oppose pas deux volontés et rien que ces deux volontés : la guerre est profondément contextuelle. La guerre réelle, celle qui est pratiquée s'inscrit toujours dans un contexte, ce qui fait que la montée aux extrêmes de la violence possède des limites.

Au XVIIIe siècle, ces limites sont dues à plusieurs facteurs. Le facteur le plus décisif est probablement le facteur humain : l'armée est une armée de métier, extrêmement coûteuse, dont les membres sont difficiles à remplacer. Ces facteurs combinés font que la guerre est limitée : elle est loin d'atteindre son extrême théorique, la guerre absolue.

La guerre de Sept Ans incarne ces idées. Même après avoir remporté des batailles décisives, les vainqueurs ne peuvent pas conquérir tout un pays car les risques humains et matériels sont trop grands. Ils n'ont pas la capacité de mener de tels assauts. Dès lors, leur objectif de guerre est limité, c'est-à-dire borné, avec des limites.

Ces guerres du XVIIIe siècle sont extrêmement violentes et meurtrières, mais elles sont limitées par certains facteurs faisant que, malgré la violence inouïe qu'elles déploient, ces guerres restent loin de l'extrême théorique : la guerre absolue.