L’introduction : construire le problème
La démonstration de référence que vous venez de lire a une propriété qu’on ressent souvent avant de la nommer : elle avance. Ce n’est pas seulement que les parties se succèdent, c’est que chacune rend la suivante nécessaire. C’est ce mécanisme qu’on va démonter ici, geste par geste.
La première chose que fait cette introduction, c’est d’identifier un présupposé. Avant même de répondre à la question, elle s’arrête sur ce qu’elle suppose : “nos choix, qu’ils soient positifs ou négatifs, révèlent quelque chose de notre identité.” Ce présupposé est accepté, puis immédiatement questionné : si nos choix parlent de nous, lequel parle le plus ? L’acceptation, parce qu’elle construit quelque chose de visible ? Ou le refus, parce qu’il résiste à la pression extérieure ? Il me semble que c’est ce geste qui distingue une introduction qui démontre d’une introduction qui expose. Elle ne pose pas une question pour paraître problématique. Elle construit un problème réel à partir de l’analyse des termes du sujet. La problématique qui en découle n’est pas plaquée en fin d’introduction : “Est-ce en acceptant ou en refusant qu’on transcende le plus les contraintes extérieures, révélant ainsi notre identité profonde ?” Elle est le résultat naturel d’un travail d’analyse. C’est pourquoi elle se lit comme une vraie question, pas comme une formule convenue.