Introduction
La vérité est-elle toujours convaincante ?
AccrocheLa vérité semble être convaincante par nature : c’est par exemple le cas de la théorie gravitationnelle de Newton. Cette théorie est vraie et elle convainc toute personne rationnelle. Pour autant, la théorie du réchauffement climatique, bien que très solide scientifiquement, est massivement refusée par certaines personnes, à un tel point que l’on parle de climato-scepticisme. À l’inverse, l’astrologie, qui ne se fonde sur aucune preuve, aucun argument, est admise comme vraie par des millions de personnes. Ces exemples révèlent un paradoxe : une vérité solidement établie peut ne pas convaincre, tandis qu’une croyance sans fondement peut convaincre massivement. Dès lors, on en vient à se demander : la vérité est-elle toujours convaincante ?
Explication
L’accroche est-elle obligatoire ?
En philosophie, cela peut dépendre selon les professeurs, mais en général, non. Elle est souvent préférable, d’autant plus en histoire ou en français, mais elle n’est pas forcément obligatoire en philosophie. Si une bonne accroche fait qu’on démarre bien son devoir, une mauvaise accroche peut propulser dès le départ légèrement à côté du sujet, voire hors-sujet.
Définition des termesPar vérité, on entend ce qui correspond à la réalité. Une théorie scientifique est vraie si et seulement si elle affirme ce qui est, ce qui existe réellement. Un événement historique est vrai s’il s’est effectivement réalisé, si ce qui est affirmé s’est produit. En ce sens, la vérité semble être démontrable et prouvable : pour affirmer qu’une théorie scientifique est vraie, il faut la prouver avec une expérience. Pour affirmer qu’un événement s’est passé, il faut des témoins, des témoignages, des photos, ou des traces écrites. On ne peut affirmer qu’une affirmation est vraie que si on a des raisons, des preuves nous permettant d’affirmer qu’elle est effectivement vraie. Cela fait que la vérité semble être d’abord rationnelle : ce serait la raison qui juge de la vérité ou de la fausseté d’une affirmation. Cette raison s’appuie sur toutes les preuves qu’elle a à sa disposition : si certaines preuves sont purement rationnelles, abstraites, d’autres sont perceptibles par les sens. La vérité peut également désigner ce qui s’impose comme une évidence, ce qui est un principe premier indiscutable. Dès lors, il semble que la vérité soit d’abord et avant tout convaincante : elle ne peut être affirmée que si elle est prouvée ce qui fait qu’elle semble avoir une force convaincante intrinsèque.
Explication
Définition des termesPar convaincante, on entend la capacité à convaincre. Convaincre est le fait d’amener quelqu’un, par le raisonnement ou par des preuves tirées de l’expérience, à accepter la vérité d’un fait, d’une affirmation. Ce terme recouvre deux sens distincts : convaincre peut signifier emporter l’adhésion par la preuve, de telle sorte qu’on ne puisse pas la refuser. Mais cela peut aussi signifier produire effectivement cette adhésion en pratique. Ces deux sens ne coïncident pas toujours : une vérité peut avoir une force convaincante en droit sans convaincre en fait. Ainsi, la vérité étant fondée sur des preuves rationnelles, semble toujours, c’est-à-dire dans tous les cas et sans exception, convaincante en droit : elle a la force de s’imposer à tout esprit rationnel.
ProblématisationOr, se demander si la vérité est toujours convaincante revient à remettre en cause cette force convaincante inhérente. Et effectivement, si la vérité peut être évidente pour certains, elle ne l’est pas pour d’autres : le réchauffement climatique est appuyé par énormément de preuves et pourtant, il est réfuté en boucle par certains. Ainsi, la force convaincante de la vérité en droit ne garantit pas qu’elle convainque en fait. Ce n’est pas seulement la force convaincante de la vérité qui est remise en cause, c’est aussi la vérité en elle-même : elle est censée être transcendante, évidente, s’imposer aux esprits et ne laisser aucun doute. Aussi, la vérité n’aurait pas une force convaincante en soi, non pas seulement parce qu’elle n’est pas capable de convaincre n’importe qui en fait, mais parce qu’elle peut s’imposer ou être refusée autrement que par la raison.
Explication
ProblématiqueDès lors, on en vient à se demander : la vérité s’impose-t-elle à l’esprit par des arguments rationnels, ou bien est-elle admise autrement que par la raison ?
Explication
PlanNous verrons dans une première partie que la vérité, en tant qu’évidence, n’est pas convaincante par essence : elle ne s’impose pas à l’homme par la raison mais par une faculté supérieure. Pour autant, nous verrons dans une deuxième partie que cette faculté supérieure semble ne pas être accessible à l’homme : il n’y aurait de vérités convaincantes que ce qui est soit nécessaire soit rationnellement fondé. Aussi, si ces vérités peuvent être refusées, ce n’est pas tant qu’elles ne sont pas convaincantes en droit, mais plutôt que cette force ne suffit pas forcément à convaincre en fait.