Réviser l'HGGSP
Je vais laisser de côté les fiches de révision classiques, qui sont très répandues, pour regarder d'autres manières de travailler. Là encore, il ne s'agit pas de dire qu'une méthode est la meilleure pour tout le monde.
La répétition espacée
L'idée est de revoir la même chose plusieurs fois, mais de manière étalée dans le temps. En relisant ton cours ou tes fiches à plusieurs moments, tu peux réactiver des connaissances que tu avais partiellement oubliées.
Si tu as préparé ton support de révision assez tôt et que ton contrôle est dans trois semaines, tu peux espacer tes révisions. Au lieu de revoir le chapitre une seule fois, tu peux donc le revoir entièrement trois ou quatre fois. À l'échelle de l'année, cette organisation peut devenir particulièrement intéressante.
Les résultats ne sont pas assurés. Il suffit de manquer de régularité ou d'utiliser un support peu efficace pour que les résultats restent faibles. Mais la répétition espacée peut aider.
Le rappel actif
L'idée est de chercher à se rappeler les informations, au lieu de seulement les relire. Tu peux d'abord relire ton cours ou tes fiches pour préparer ton rappel, puis essayer de faire ressortir les connaissances de ta mémoire avant de regarder la réponse.
Restituer de mémoire les grandes idées, les événements et les dates.
Te faire interroger par quelqu'un ou répondre à des questions préparées à l'avance.
Utiliser des fiches recto-verso avec une date, un événement ou une question au recto, puis la réponse au verso.
Pour l'HGGSP, je considère que les entraînements sur le format de l'épreuve constituent la forme la plus complète du rappel actif : tu ne vérifies pas seulement si tu connais une information, mais si tu sais la retrouver, la sélectionner et la mobiliser dans le contexte d'une dissertation ou d'une étude de documents. Cela demande davantage de temps et d'effort qu'un rappel ponctuel, mais c'est précisément ce qui rapproche l'entraînement du geste attendu à l'épreuve.
Organiser ses connaissances
Les fiches-thèses
L'idée est d'organiser ses connaissances en thèses. La dissertation comme l'étude critique de documents sont des exercices de démonstration : ton objectif est de prouver des idées. Ces idées sont dans ton cours. Par exemple, dans le chapitre sur la puissance en première, on voit que la langue et la culture peuvent être des leviers de la puissance. Cette idée peut être éclairée par les lycées français à l'étranger et par le réseau d'établissements et d'institutions qui contribue au développement du français et de sa culture à l'étranger.
Avec un sujet comme « Quels sont les leviers de la puissance ? » ou « Les formes de la puissance », tu peux être amené à mobiliser l'exemple du soft power de différentes manières. Ce qu'on te demande, ce n'est donc pas seulement de connaître le cours, mais d'utiliser tes connaissances dans le cadre d'une démonstration précise.
Après avoir fait ta fiche de révision comme tu en as l'habitude, tu peux extraire les différentes thèses et prouver chacune d'elles avec les exemples et les études de cas du cours. Si tu fais ce travail avec ta mémoire, tu mobilises aussi le rappel actif. Si tu évalues régulièrement ta capacité à prouver les idées du cours, tu mobilises aussi la répétition espacée.
Bien sûr, les fiches classiques, les plans détaillés et les devoirs complets restent de bonnes options. Je ne dis pas que cette méthode est la meilleure : ce n'est qu'une idée parmi d'autres.
Les flashcards
Une flashcard est une petite fiche, papier ou numérique, avec une question, un mot-clé, une notion ou une date au recto, puis la réponse, la définition, l'explication ou l'exemple au verso.
On a déjà évoqué ce principe avec le rappel actif. Tu peux l'utiliser pour apprendre beaucoup de choses, notamment lorsqu'il est couplé avec la répétition espacée. C'est notamment le principe utilisé par Anki, une application de flashcards et de répétition espacée que l'on retrouve souvent dans les ressources consacrées aux classes préparatoires.


L'élaboration
L'élaboration, c'est enrichir l'information à apprendre en la reliant à ce que tu sais déjà, en l'expliquant, en la reformulant, en ajoutant des exemples, des analogies ou des images mentales.
Te demander pourquoi et comment cela fonctionne.
Reformuler l'information avec tes propres mots.
L'illustrer par un exemple concret.
La relier à d'autres notions du cours ou à l'actualité.
On peut résumer l'élaboration ainsi : relier consciemment une information nouvelle à ce que tu sais déjà.
La technique Feynman
Ce qu'on appelle parfois la technique Feynman repose sur une idée simple : si tu as compris un concept, tu dois pouvoir l'expliquer avec des mots simples.
Choisis un concept, un événement ou même une thèse. Explique-le ensuite avec tes propres mots, comme si tu t'adressais à un débutant, à un enfant ou à un camarade qui ne fait pas d'HGGSP. Si tu as du mal à expliquer quelque chose, retourne au cours et réessaie jusqu'à parvenir à une explication claire et simple.
Passer à la démonstration
La feuille blanche
Après avoir appris ton cours, prends une feuille blanche et écris ce dont tu te souviens. Ensuite, compare avec ton cours et regarde ce qui manquait. C'est un exercice de rappel actif.
Tu peux commencer par écrire des repères, comme le plan de ton cours, puis compléter les informations avant de comparer avec le cours. Une autre option consiste à écrire une ou plusieurs thèses et à chercher à les prouver. Tu travailles alors directement le geste de la démonstration.
Si tu conserves tes copies et que tu fais l'exercice plusieurs fois, tu peux combiner le rappel actif à la répétition espacée.
S'entraîner à la dissertation ou à l'étude de documents
Prendre un sujet et le traiter comme si tu étais au bac, n'est-ce pas une forme de feuille blanche ? La différence est que les connaissances ne sont plus sélectionnées selon le plan du cours ou selon une thèse. Elles sont sélectionnées selon le sujet, et strictement selon lui.
Le danger des techniques fondées sur le plan du cours ou les thèses est de finir par plaquer ses connaissances et réciter le cours. Ici, tu t'entraînes directement à appliquer la méthodologie de l'exercice et à transformer tes connaissances.
Apprendre, faire, corriger
La boucle de la progression
Les techniques HGGSP 1 à 7 visaient surtout à apprendre et à organiser le cours. La plupart sont actives, mais elles restent dans le domaine de l'apprentissage des connaissances : c'est la première étape, « apprendre ».
Avec la technique 8, on passe à l'étape « faire ». On applique alors le célèbre adage : « c'est en forgeant qu'on devient forgeron ». Après avoir appris les connaissances nécessaires, on prend le marteau et on frappe le fer.
Connaître la théorie ne signifie pas qu'on l'appliquera parfaitement du premier coup. Il n'est pas rare d'avoir du mal à maîtriser un savoir-faire au début. Ici aussi, on peut s'attendre à faire des erreurs.
Lorsque tu récupères une copie corrigée, note tes erreurs dans un carnet ou sur un support qui te convient. Si tu peux réécrire un extrait de ta copie en appliquant les conseils reçus, cela peut être très utile. C'est la troisième étape de la progression : « corriger ».
En multipliant cette boucle « apprendre-faire-corriger », tu progresseras peut-être. C'est tout ce que je te souhaite !
Au fond, aucune de ces méthodes n'a vocation à devenir une règle universelle. Une méthode vaut surtout si elle t'aide à faire le travail que tu veux réellement faire, dans la semaine que tu as réellement. Teste, observe ce que cela change, puis garde, adapte ou abandonne ce qui ne te convient pas.
Tu peux maintenant revenir aux trois questions du guide : quoi faire, quand le faire et comment le faire. Les réponses ne sont pas figées. Ton système se construit en avançant, puis devient plus juste à mesure que tu apprends à te connaître.