La transition : rendre la suite nécessaire
La transition est un autre moment absolument essentiel. Elle révèle la limite de ce qui vient d’être dit et montre pourquoi cette limite rend la suite indispensable.
Ici, la transition reprend la conclusion de la partie I : “l’acceptation construit donc l’identité de façon visible et sociale.” Elle montre où on en est dans la démonstration. Elle en révèle aussitôt le présupposé fragile, la limite : “cette conclusion repose sur un présupposé fragile : que nos acceptations sont libres.” Ensuite, elle montre en quoi ce présupposé ne tient pas toujours : “le lycéen qui s’inscrit dans une filière exigeante l’a peut-être fait parce que ses parents l’attendaient, parce que son groupe d’amis y allait.” Dans ce cas, son acceptation ne dit rien sur lui. Dès lors, la question devient : le refus résiste-t-il mieux à ces mêmes contraintes ?
Ce mouvement est précis et nécessaire. Il ne remet pas en cause la partie I pour la contredire arbitrairement. Il en révèle la limite interne, et c’est cette limite qui appelle la partie II. C’est pourquoi la partie II n’est pas interchangeable avec la partie I : elle n’existe que parce que la partie I a rendu visible une question qu’elle seule ne pouvait pas résoudre.