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L’analyse du sujet

L’analyse du sujet est la base de la dissertation. Plus elle est précise, plus le reste du devoir est susceptible d’être précis. L’objectif est de comprendre le sujet : son sens, et ce qu’il exige. Cela passe par définir les termes du sujet : quel est le sens des mots et qu’est-ce que cela suppose sur le sujet ? Dans cette optique, il est intéressant de définir les termes et de voir ce que veut vraiment dire le sujet. Parfois, c’est en définissant qu’on se rend compte de subtilités qui peuvent avoir une influence plus ou moins grande sur le reste du devoir. Une fois qu’on a défini les termes du sujet, on peut chercher concrètement ce qui va nous importer dans cette introduction : les tensions et les problèmes.

La problématisation

La plupart du temps, un sujet de dissertation doit être propice à la réflexion. Etant donné qu’on ne réfléchit pas sur ce qui est évident, les sujets ne peuvent pas être évidents : ils sont forcément complexes, étonnants, voire contradictoires. Cela vaut surtout pour les sujets qui peuvent se répondre par oui ou par non, et cela vaut moins pour les sujets en « comment » par exemple. C’est particulièrement la première catégorie de sujet qui nous intéresse. Ce sujet complexe, étonnant, contradictoire, pour pouvoir vraiment repérer les tensions, il faut d’abord définir les mots clefs, de manière à comprendre réellement ce qui est supposé par le sujet. Une fois qu’on a fait cela, il est pertinent que d’expliciter ce que cela implique sur le sujet. Autrement dit, une fois qu’on a défini, il est bien de montrer la conséquence des définitions. Ici, cela donne :

« Aussi, si La peau de chagrin peint un monde exténué, ce devrait être un monde où l’énergie manque, où la vie est épuisée, amenuisée. »

Une fois qu’on a cette proposition, il faut l’examiner : est-elle vraie ? est-elle fausse ? La p’upart du temps, c’est ici qu’on se retrouve en difficulté : on ne peut pas vraiment dire « oui, à 100%, sans aucun doute », ni on ne peut dire « non, à 100%, sans aucun doute ». On se retrouve en difficulté, dans une impasse. Lorsqu’on arrive à ce stade, c’est très bon signe : on a trouvé une tension. Il faut ensuite la formuler clairement :

« Si à certains égards, certaines scènes de l’œuvre semblent en effet dépeindre des personnages exténués et épuisés, d’autres passages représente à l’inverse un monde plein d’énergie, presque en surcharge. »

Cela fait qu’on ne peut pas dire « oui la peau de chagrin est le tableau d’un monde exténué » ni on ne peut dire « non la peau de chagrin n’est pas le tableau d’un monde exténué ».

Maintenant qu’on a trouvé cette tension, cette difficulté, on peut se poser une question qui vient synthétiser notre difficulté : c’est la problématique.

Vous le remarquez peut-être : je n’ai pas à aucun moment chercher à reformuler le sujet. C’est un conseil répondu alors qu’il peut vous mettre en grande difficulté : si vous reformulez mal, vous êtes possiblement hors sujet, et même si vous reformulez bien, il est possible que vous ne souleviez pas de tensions, de pistes réflexions. De là, on en tire un principe : la problématique est la synthèse de la problématisation qui naît de l’analyse du sujet.

Analyse du sujet ⇒ problématisation ⇒ problématique.

En suivant cette méthode, vous êtes plus susceptibles de tomber sur des tensions, des éléments de réflexion, et de vous diriger vers une démonstration qui propose une réflexion nuancée et structurée sur un sujet précis. Ceci étant dit, passons à la problématique.

La problématique possède quelques propriétés principales.

Elle doit être claire c’est à dire qu’on la comprend facilement et simplement.

Elle doit être synthétique c’est-à-dire qu’elle synthétise les tensions et les enjeux du sujet répérés pendant la problématisation.

Elle doit être spécifique c’est-à-dire qu’elle est pour ce sujet et rien que pour ce sujet.