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Le plan

Maintenant qu’on a une problématique, passons au plan.

Le plan est la réponse à la problématique. Cela fait que si on vous pose une question (qui est votre problématique), et que vous y répondiez : votre réponse est votre plan. Prenons un exemple :

Si Balzac représente l'exténuation comme l’énergie abondante, de quel monde exactement fait-il tableau ?

Réponse : La peau de chagrin semble effectivement pouvoir être lu comme le tableau d’un monde exténué où l'énergie manque cruellement. Pour autant, dans ce roman, ce monde exténué n’est paradoxalement pas dénué d’énergie : dans ce tableau, l’exténuation semble coexister avec l’énergie débordante. Aussi, la peau de chagrin ne semble pas tant être le tableau d’un monde exténué que le tableau d’un monde plein d’énergie qui se consume, qui s’exténue lui-même à cause de cette énergie.

Voyez-vous ? Les parties du plan fonctionnent comme une réponse progressive et nuancé à la problématique. J’aimerais particulièrement que vous prêtiez attention aux connecteurs logiques utilisés : la deuxième phrase est liée à la première par un connecteur qui exprime la nuance, tandis que la troisième phrase est liée à la deuxième par un connecteur qui exprime une conséquence.

Deux images pour comprendre

Admettons une conversation entre ami. Le premier affirme une idée. Son camarade lui répond « oui, mais… ». Le troisième camarade écoute et finit par dire « donc, finalement, on peut dire que … ». Comprenez-vous ?

Prenons un autre exemple encore.

Admettons un médecin qui examine un patient. Il remarque plusieurs indices et pense que le patient souffre de tel maladie. Il l’envoie faire une prise de sang et il se rend compte que sa théorie n’est pas fausse, mais elle est incomplète : il manque quelque chose. Il analyse la prise de sang et finit par se rendre compte de ce dont le patient souffrait vraiment. Si on était dans sa tête, cela ressemblerait à :

« - Vu qu’il y a tel et tel élément, je pense que le patient souffre de X. - Au vu des résultats, tel élément est toujours présent, je ne m’étais pas complètement trompé mais je n’ai pas résolu tout le problème car il y a ceci et cela. - Donc, après avoir tout examiné et croisé, je me rends compte que le patient souffre plutôt de Y.

Voyez-vous ? La deuxième partie ne vient pas nier la première partie : ce qu’on a dit reste vrai, on ne se contredit pas. En revanche, on ne peut pas se contenter de cette réponse car elle ne répond pas complètement au sujet. Alors on se doit d’examiner une autre proposition. Mais cette proposition, si elle nous fait avancer, ne résout pas complètement le problème. On croise alors nos deux propositions, et on se rend compte qu’elles impliquent une certaine conséquence : c’est la troisième partie.

De manière générale, deux parties d’une dissertation, notamment lorsque le plan est dialectique, sont donc liées soit par un relation de nuance, soit par une relation de conséquence.

Parmi les propriétés du plan :

Une idée à part entière, au point que si quelqu’un nous pose la question, on pourrait répondre avec cette idée.

Chacune des idées doit être clairement distincte.

Et ces idées doivent être liées les unes aux autres, comme on l’a vu, soit par la nuance, soit par la conséquence, dans la plupart des plans dialectiques.