← Dissertation de philosophie

Page 13 sur 15

Le déplacement de sujet

Parmi les écueils de la dissertation, il y a le fait de déplacer le sujet, c’est-à-dire de traiter un autre sujet que le sujet demande, un sujet souvent plus confortable. C’est particulièrement sournois car souvent invisible. L’élève ne s’en rend pas compte pour une simple et bonne raison : il est toujours dans le thème, mais il ne répond plus vraiment au sujet. L'élève parle des notions du sujet, mais il ne parle plus du sujet. C'est un glissement invisible qui se produit dès que l'élève cesse de rattacher chaque moment de sa réflexion au sujet exact.

Comment ne pas déplacer le sujet ?

Il faut être particulièrement vigilant, dès le brouillon : posez-vous toujours la question « est-ce que je réponds au sujet ? » Chacun de vos exemples, veillez à ce qu’ils répondent au sujet. Mais en général, les exemples sont pertinents car ils sont dans le thème. En revanche, ils peuvent devenir presque caduque s’ils sont mal utilisés.

Un exemple mal utilisé peut prendre plusieurs formes :

Il n’est pas au service d’une idée. Or, un exemple ne sert qu’à une chose : prouver une idée.

Il n’est pas suffisamment développé. Cela peut s’exprimer par le fait qu’on explicite pas les conséquences, ou qu’on ne le contextualise pas, qu’on l’effleure et qu’on reste en surface.

On ne ferme pas la sous-partie par une conclusion locale.

La conclusion locale

La conclusion locale permet de relier l’exemple à la démonstration, au sujet. Elle répond à la question « et alors ? pourquoi expliquer tout ça ? qu’est-ce que ça prouve ? En quoi ça nous aide à répondre au sujet ? »

« Dès lors, il a trouvé une vérité convaincante en droit : qui pourrait nier que telle plante ne peut pousser sans eau vu qu’il vient de le prouver ? Aussi, toute vérité serait convaincante en droit si on admet qu’il n’y a de vérités que ce qui a été prouvé par l’expérience comme étant vrai. »

« La conviction n’est pas le produit de la raison : elle est le produit des passions que la raison accompagne. Ainsi, la vérité n’est pas toujours admise par la raison seule : c’est ici autre chose qui décide en dernier ressort. »

Si on ne fait pas de conclusion locale, l’utilité de l’exemple, son rôle dans la démonstration peut rester sous-entendu, implicite ! Et puis, si on multiplie l’omission des conclusions locales, il se peut qu’à un moment, on ne réponde plus au sujet. Il se peut qu’à un moment, on ait déplacé le sujet.

L’intérêt de passer du temps sur un exemple, et de vous montrer ce qu’on peut écrire en marge d’une copie vous montre à quel point est-ce que l’introduction joue un rôle crucial dans le développement. Il n’est donc pas rare que ce qu’on choisit de mettre en avant dans l’introduction, que l’angle qu’on choisit, soit finalement particulièrement influent dans le travail final.

On parlait du développement, du glissement de sujet, et on finit par parler de l’introduction.. On en revient à cette fameuse cascade !