← Dissertation de philosophie

Page 7 sur 15

Conclusion

Une vérité peut donc avoir toute la force convaincante en droit sans convaincre en fait : non parce qu’elle manquerait de rigueur ou de preuves, mais parce que ce qui admet ou refuse la vérité échappe toujours, en dernière instance, à la raison seule. La vérité semblait d’abord convaincante par nature : fondée sur des preuves et des arguments rationnels, elle paraissait avoir la force de s’imposer à tout esprit. Or la vérité, en son sens le plus haut, échappe au registre même de la conviction rationnelle : elle se contemple, elle ne se démontre pas. Les vérités accessibles à l’homme, qu’elles soient empiriques ou nécessaires, sont convaincantes en droit, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent être réfutées par aucun esprit rationnel. Mais cette force convaincante en droit ne suffit pas : entre la vérité et son adoption, il y a toujours un sujet, individuel ou collectif, dont les passions et les appartenances décident en dernière instance à la place de la raison.

Dès lors, la vérité n’est pas toujours convaincante. Non parce qu’elle manquerait de rigueur, mais parce que convaincre suppose non seulement une vérité solide, mais un sujet disponible pour la recevoir.

En ce sens, se demander si la vérité est toujours convaincante, ce serait peut-être moins une question sur la vérité qu’une question sur la condition humaine.