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La problématisation

La problématisation naît de l’analyse du sujet. C’est uniquement après avoir analysé le sujet qu’on problématise. Puis, selon la problématisation, il y aura une certaine problématique, qui engendrera un certain plan, qui engendrera un certain développement. Vous comprenez donc qu’il y a presque autant de dissertations que d’analyse du sujet. La proposition de dissertation que je vous ai faite n’est pas la bonne réponse, au contraire : il y a autant de dissertations, que d’analyses du sujet. Cela étant dit, avançons !

Pendant la problématisation, en général, on met le doigt sur des tensions, sur des problèmes. Cela peut se faire par exemple en confrontant deux termes : si deux termes opposés sont associés dans le sujet, cela peut être un axe de problématisation. Ici, on remarque donc qu’on a établi, après avoir défini les termes, que la vérité semblait forcément convaincante. Et pourtant, le sujet nous demande : la vérité est-elle toujours convaincante ? Il admet qu’elle peut l’être, mais peut-être pas forcément toujours. Or, on vient d’admettre que la vérité était forcément convaincante. Dès lors, on se retrouve embêter : comment peut-être remettre en cause quelque chose qui semble indissociable de la notion de vérité ? On vient de mettre le doigt sur une tension.

Pour introduire cette tension, les connecteurs logiques ont leur importance, et notamment les connecteurs logiques d’opposition.

Opposition : mais, or, cependant, pour autant, toutefois, néanmoins, en revanche, pourtant.

Ces mots permettent d’introduire une nuance : « oui, ce que j’ai dit est correct, mais il y a tel élément qui vient nuancer mon affirmation ».

« Ainsi, la vérité étant fondée sur des preuves rationnelles, semble toujours, c’est-à-dire dans tous les cas et sans exception, convaincante en droit : elle a la force de s’imposer à tout esprit rationnel. Or, se demander si la vérité est toujours convaincante revient à remettre en cause cette force convaincante inhérente. »

Oui, la vérité semble toujours convaincante par définition, mais vu que le sujet demande si la vérité est toujours convaincante, cela veut dire que cette force inhérente, intrinsèque est remise en cause. Une tension, un problème a été introduit mais est-ce que c’est soutenable, c’est-à-dire, est-ce qu’il y a de raisons de penser que la vérité n’est en réalité pas toujours convaincante ?

« Et effectivement, si la vérité peut être évidente pour certains, elle ne l’est pas pour d’autres : le réchauffement climatique est appuyé par énormément de preuves et pourtant, il est réfuté en boucle par certains. »

Quelle est la conséquence de cette tension et de l’argument qui la soutient ?

« Ainsi, la force convaincante de la vérité en droit ne garantit pas qu’elle convainque en fait. »

Nous avons là un premier axe de réflexion, puis ici un deuxième :

« Ce n’est pas seulement la force convaincante de la vérité qui est remise en cause, c’est aussi la vérité en elle-même : elle est censée être transcendante, évidente, s’imposer aux esprits et ne laisser aucun doute. Aussi, la vérité n’aurait pas une force convaincante en soi, non pas seulement parce qu’elle n’est pas capable de convaincre n’importe qui en fait, mais parce qu’elle peut s’imposer ou être refusée autrement que par la raison. »

Cela fait que si par définition, il semblerait que la vérité est toujours convaincante, il y a tel et tel élément qui remet en cause cette idée : ce n’est pas pour rien si le sujet pose cette question. Elle est étonnante mais elle se justifie.

L’objectif de la problématisation est donc de repérer les points de tensions, les problèmes supposés par le sujet. Il faut ce moment où on se crispe car on n’arrive pas à trouver une réponse satisfaisante, car on est en difficulté intellectuelle, voire carrément, car on est tombé sur une impasse. Cela peut dépendre du sujet, bien sûr, mais dans un grand nombre de sujet de dissertation, il y a des éléments étonnantes, voire contradictoires, qui fait qu'on est en difficulté, voire dans une impasse.

Après avoir soulevé ces différents points étonnants, ces points de tensions on en vient à se poser une question qui les synthétise : c’est la problématique.