Partie 1 · Chapitre 1 · Construire une phrase

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Comment se construit une phrase ?

La phrase de base, celle que tu écriras presque toujours dans une copie, repose sur deux éléments fondamentaux : le sujet et le verbe.

Le sujet, c'est la réponse à « de quoi je parle ? ».

Le verbe, lui, se trouve toujours dans la réponse à « qu'est-ce que j'en dis ? ». Parfois, il suffit à lui seul : dans « La pluie a cessé. », ce que j'en dis, c'est qu'elle « a cessé ». Parfois, il a besoin d'être complété pour que la réponse soit suffisante : dans « Le train transporte des marchandises. », ce que j'en dis, c'est qu'il « transporte des marchandises ». Sans son complément, « Le train transporte. » reste inachevé.

Qu'est-ce qu'un verbe ? C'est le mot qui se conjugue, c'est-à-dire qui change de forme selon le moment dont on parle (passé, présent, futur) et selon la personne concernée (je, tu, il…). Le plus souvent, il dit ce que fait le sujet, ce qu'il est, ou ce qui lui arrive. Pour le reconnaître à coup sûr, on peut changer le moment de la phrase :

Aujourd'hui, le train part.

Hier, le train partait.

Demain, le train partira.

Le mot qui change, c'est le verbe.

Mais la plupart des phrases ne se limitent pas au sujet et au verbe : elles contiennent aussi des compléments.

Le complément est un mot ou un groupe de mots qui complète le sens du verbe : il précise ce que j'en dis. Il répond à des questions comme quoi ?, à qui ?, où ?, quand ?, comment ?, pourquoi ?

Il y a deux types de compléments. Le premier type est le complément nécessaire, c'est-à-dire le complément qu'on ne peut ni retirer ni déplacer au risque que la phrase ne devienne incomplète. Le deuxième type est le complément dit circonstanciel, dont on peut se passer, ou qu'on peut déplacer, sans que la phrase ne devienne incomplète.

Exemples

« Le train transporte des marchandises. »

De quoi je parle ? Du train.

Qu'est-ce que j'en dis ? Qu'il transporte des marchandises.

Si on met la phrase au futur : « Le train transportera des marchandises. »

Le verbe est donc « transporte » : c'est lui qui indique l'action faite par le train.

Mais ce train, il transporte quoi ? Il transporte des marchandises : c'est le complément.

Ce complément est-il nécessaire ou circonstanciel ? Essayons de le retirer : cela donne « Le train transporte. ». Mais que transporte-t-il ? Le sens est incomplet, ce qui fait que ce complément est nécessaire pour que la phrase soit complète et pleinement compréhensible.

« Le train transporte des marchandises chaque nuit. »

À nouveau, le sujet est le train, car c'est de lui qu'on parle. Ce qu'on dit à son sujet, c'est qu'il transporte des marchandises chaque nuit. À nouveau, le verbe est « transporte » : c'est ce mot qui porte la marque du temps, et qui nous indique quelle action est faite. Pour trouver le ou les compléments, on se demande par exemple : le train transporte quoi ? Des marchandises. Quand ? Chaque nuit.

Pour savoir si un complément est nécessaire ou circonstanciel, on essaie de le supprimer.

« Le train transporte chaque nuit. » : ici, il manque une information. On sait que le train transporte, mais on ne sait pas quoi, ce qui fait que l'idée est incomplète. Le complément est donc nécessaire pour qu'on puisse comprendre l'idée.

« Le train transporte des marchandises. » : ici, on ne sait pas quand, mais ce n'est pas une information nécessaire, c'est-à-dire une information dont l'absence rend l'idée incomplète : on n'a pas besoin de savoir quand il transporte des marchandises pour comprendre le sens. C'est donc un complément circonstanciel.

On voit donc que le noyau de la phrase se compose d'un sujet et d'un verbe, et que, si le sens est incomplet, il faut utiliser un complément qui vient préciser, qui vient compléter le verbe.

Étudions maintenant la relation entre le sujet et le verbe, étant donné qu'ils constituent le noyau de la phrase.