L’analyse du sujet est le fondement de la dissertation, la première pierre posée.
Pour analyser le sujet, on définit les termes du sujet. Cela nous permet de comprendre de quoi parle le sujet, ce qu’il exige, et à l’inverse, ce qu’il n’exige pas.
En HGGSP, certains termes qui reviennent dans les sujets sont définis en cours : par exemple, dans le thème « Faire la guerre, faire la paix », les notions de guerre, de paix, d’acteurs, de conflits, de formes de la guerre sont des notions qui peuvent être dans l’intitulé du sujet le jour du baccalauréat. Cela fait qu’il faut les connaître et les définir suffisamment précisément pour comprendre ce que demande le sujet, et ce qu’il ne demande pas.
En plus des notions clefs, il ne faut pas négliger les groupes de mots ou les formules : rien qu’un petit mot comme « et » ou une formule comme « peut-on », « pourquoi » change le sens du sujet. C’est pour cela qu’il faut être rigoureux lorsqu’on définit les termes du sujet.
Un autre élément mérite toute notre attention : les bornes chronologiques. Une borne chronologique suppose dans de nombreux sujets une rupture : un sujet sur la paix qui commence en 1648 commence à cette date : c’est la date des traités de Westphalie, une rupture dans l’histoire de la construction de la paix en Europe. Un sujet sur la guerre qui commence en 1945 suppose que la Seconde Guerre mondiale soit le point de rupture, et effectivement, à bien des égards, elle est une rupture dans l’histoire de la guerre. Mais la Révolution française elle aussi est une rupture, mais cela ne suppose pas exactement la même chose.
Je te conseille donc de chercher à voir où débute le sujet, à quoi correspond la borne chronologique. Quant à la fin de la borne, c’est régulièrement « à nos jours » dans les sujets de baccalauréat. Si en revanche il y a une borne de fin, fais le même effort : cherche à savoir « pourquoi est-ce que cette borne a été choisie ? ».
Au brouillon
L’analyse du sujet
Au brouillon, définis les notions du sujet le mieux possible. S’il y a des groupes de mots, définis-les aussi. N’hésite pas à questionner même les particules comme « et », essaie de comprendre le sujet le mieux possible.
Pour le détail, je pense que c’est à chacun de trouver ses habitudes et d’essayer. Je ne vois pas de mal par exemple à écrire ses intuitions, ce que nous inspire le sujet, du moment que ça ne nous empêche pas d’analyser le sujet le plus froidement et rigoureusement possible, et du moment qu’on n’a aucun mal à abandonner nos intuitions si elles s’avèrent peu pertinentes.
Prends également le temps de voir si la borne correspond à un événement en particulier, et vois s’il constitue une rupture par rapport au sujet.
Quand c’est possible, je te recommande de prendre l’état du sujet au début de la période, et à la fin. Prenons un exemple :
Peut-on construire la paix collectivement depuis les traités de Westphalie ?
Après Westphalie
Après les traités de Westphalie, peut-on construire la paix collectivement ?
Réponds à cette question, et fais le point sur le sujet si tu devais répondre à cette question en te concentrant sur la période qui suit Westphalie.
De nos jours
Puis, de nos jours, peut-on construire la paix collectivement ?
Réponds à la question en te basant uniquement sur la période actuelle.
Vois-tu un écart ? Une rupture ?
Et entre temps, qu’en était-il ? Comment a évolué la réponse au fur et à mesure du temps ? Te poser ce genre de questions t’offre certains indices qui peuvent être précieux plus tard.
S’il y a des contradictions dans le sujet, des choses étonnantes, ou bien des contrastes, tu peux les noter. Si ton sujet est une question qui suppose une réponse dialectique, comme par exemple « Le tourisme : un atout pour le patrimoine ? », cela peut être très intéressant que de répondre spontanément à la question.
Répondre fermement
Je conseillerais limite de se forcer à répondre fermement à la question, sans nuancer.
Et ensuite, examiner sa réponse : tient-elle sans nuancer ? est-ce qu’on peut la tenir fermement ? ou bien est-on forcé de la nuancer ?
Dans ce genre de sujets, ce qui est suggéré, c’est un plan dialectique où on apporte une réponse nuancée. Si tu vois que ta réponse à première vue, sans réfléchir, se heurte à des contre-arguments, à des éléments qui viennent t’empêcher de rester fermement sur ta position alors tu as peut-être des éléments qui peuvent être utiles.
Mais arrêtons-nous là pour cette section… il serait dommage de trop déborder sur la problématisation… mais vous voyez là que dans l’analyse du sujet, on trouve un certain nombre d’éléments qui pourraient directement être utiles pour la problématisation…
Dans l’introduction
L’analyse du sujet
Dans l’introduction, la définition des termes du sujet est la première ou la deuxième chose que l’on fait, selon la présence ou l’absence de l’accroche.
L’accroche, parlons-en ! Généralement, l’accroche n’est pas obligatoire : elle est appréciée, oui, mais elle n’est pas exigée absolument. Si tu fais une accroche pertinente, cela peut être super intéressant. Mais si tu rates ton accroche, cela peut envoyer un mauvais signal, surtout si ton accroche est hors-sujet.
Je trouve qu’une accroche ratée peut être un signe d’une mauvaise compréhension du sujet. À l’inverse, une accroche réussie peut être le signe d’un sujet compris. Ce n’est qu’un signe, et ce n’est pas un verdict, mais cela reste à prendre en compte.
Mon conseil
Mon conseil est donc le suivant : cherche à faire une accroche, et si tu en trouves une pertinente, c’est top.
Si tu ne trouves pas une accroche pertinente, et que ça fait longtemps que tu cherches, il est peut-être intéressant que de passer à autre chose, plutôt que de passer trop de temps sur l’accroche, ou bien de rater complètement son accroche.
Ce que je te dis là vient de mon expérience et de la lecture de rapports de jury de concours sur la dissertation, mais à l’échelle de l’épreuve HGGSP, je ne sais pas si c’est considéré comme obligatoire ou si ce n’est pas le cas. Alors, tente vraiment de faire une bonne accroche, et si tu n’y arrives pas, alors continue sans remords.
Si tu peux définir les termes progressivement, et naturellement c’est très bien. L’idée est d’enchaîner fluidement les définitions. Tente d’être précis : définis avec de la précision, caractérise ce qui doit l’être, distingue les catégories s’il y en a, en bref, sois aussi précis que possible.
Tu peux introduire tes bornes chronologiques après les définitions, comme tu peux le faire plus tard. Il faut voir selon les sujets. En tout cas, la borne chronologique peut parfois être la base de la problématisation.
Il est difficile d’être plus précis, car il y a de nombreux sujets différents. Pour te donner un exemple, on ne traite pas exactement pareil :
Guerres régulières et guerres irrégulières après la fin de la Seconde Guerre mondiale
Pourquoi est-il plus difficile de construire la paix lorsque les guerres prennent des formes irrégulières ?
La prise en compte des questions environnementales à l’échelle internationale et ses limites
L’État, seul acteur de la protection de l’environnement ?
Il faudrait faire une typologie des sujets, pour être plus précis à ce niveau-là. Mais de toute façon, la rigidité n’est, à mon avis, pas toujours bonne ! L’important est vraiment de définir le sujet le mieux possible, c’est-à-dire le plus précisément possible, et ensuite, le reste se joue à la prochaine étape, qui naît de l’analyse du sujet : la problématisation.