La rédaction

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La paraphrase et la citation

4La paraphrase

Reprenons l’image du camarade perspicace.

« Imaginons un camarade particulièrement perspicace. On travaille avec lui sur une étude de documents HGGSP. Étant donné qu'il comprend vite, il saisit bien le sens du texte : tout ce qui est dit dans le texte, il n’a pas besoin qu’on lui explique, il comprend immédiatement. Pour lui expliquer le texte, il faut dépasser le sens apparent pour lui permettre de comprendre ce qu’il ne peut pas comprendre en se limitant seulement au sens des phrases. Si on se contente du sens apparent, on ne lui aura rien apporté de nouveau : sa compréhension n’aura pas changé. »

Lorsqu’on paraphrase, on dit la même chose mais de manière différente : c’est de la reformulation. Aussi, on n’ajoute rien de nouveau. S’il comprenait déjà le sens apparent, alors il n’a rien appris. Il ne comprend pas mieux le texte.

Or, expliquer revient à faire voir ce qu’on ne voyait pas, à comprendre ce qu’on ne comprend pas.

PARAPHRASE

changer les mots, garder le même sens

rien de nouveau n’est rendu visible

EXPLICATION

apporter des informations nouvelles

faire comprendre ce qu’on ne comprenait pas avant

Donnons un autre exemple. Pour cela, reprenons l’exemple des lunettes.

Admettons que tu aies un ami qui possède une excellente vue. Tu l’emmènes dans une pièce où certaines zones sont plongées dans l’ombre et certains éléments sont cachés. Il voit déjà beaucoup de choses car il a une vue fonctionnelle, mais certains détails lui échappent encore. Si on lui demande ce qu’il a vu, il répondra, mais sa réponse sera incomplète et manquera de précision.

Toi, tu peux voir et discerner tous ces détails grâce à tes yeux qui sont plus préparés et plus adaptés que les siens à cette pièce ombragée. Rien ne peut lui permettre de voir ce qu’il ne voit pas, sauf une paire de lunettes spéciales. Tu fabriques l’objet et tu lui donnes. Grâce à ces lunettes, il voit désormais des éléments qu’il ne voyait pas auparavant.

Lorsqu’on paraphrase, on reformule. Lorsqu’on reformule, on change les mots employés, mais le sens reste le même : rien n’est nouveau. Aussi, c’est comme si on donnait des lunettes neutres, c’est-à-dire sans aucune correction. On voit exactement la même chose que ce qu’on voyait avant. Ou alors, on voit encore moins bien, parce que paraphraser quelque chose qu’on ne saisit pas bien peut nous amener à introduire des erreurs et des contresens.

Or, l’explication suppose qu’il y ait des informations supplémentaires nous permettant de comprendre ce qu’on ne comprenait pas avant.

Pour réduire notre tendance à paraphraser le texte et se rapprocher de l’explication, citer est déjà intéressant. Quand on cite un passage, le besoin de résumer ou de reformuler diminue : on est directement dans le texte, et on peut immédiatement aller à l’essentiel, à savoir l’explication. Après avoir cité, on peut donc enchaîner avec une explication, c’est-à-dire qu’on peut apporter de nouvelles informations permettant de faire comprendre ce qui ne peut pas être compris uniquement avec le sens apparent du texte, ou encore éclaircir ce qui n’est pas clair, ou encore expliciter ce qui est implicite.

Qui dit explication dit conséquences : on explicite les conséquences des nouvelles informations apportées sur l’analyse et sur notre démonstration.