Guide de la dissertation HGGSP · La dissertation est une démonstration

La transition

La transition est le moment le plus important entre deux grandes parties. Elle fait la continuité entre les parties, et elle matérialise la progression de la réflexion. Elle se compose principalement de trois temps.

une première partie

Une rupture

la partie suivante

  1. A

    Un court résumé de ce qu’on vient de démontrer :

    on fait le point sur la démonstration.

  2. B

    L’identification d’une limite, d’une insuffisance, d’un problème que ta démonstration n’a pas résolu.

    C’est là le point le plus important de la transition, celui qui concrétise le plus cette idée de continuité, de couture entre les parties. En identifiant et en affirmant une limite à notre première thèse, on montre qu’elle n’a pas suffi à répondre à la question : ce qu’on a dit est vrai, mais ce n’est pas encore complet, il reste telle et telle zone d’ombre, ce qui fait qu’on ne peut pas se contenter de cette première réponse.

    Réponse dialectique

    Cela est l’explication classique du deuxième temps, qui s’applique à un grand nombre de dissertations, mais qui ne permet pas de traiter tous les sujets et toutes les disciplines. Cette explication part d’une hypothèse : que le sujet traité est un sujet qui appelle une réponse dialectique, c’est-à-dire qu’on propose une première réponse à la problématique, puis qu’on nuance cette réponse en traitant ses limites avant d’éventuellement faire une troisième partie.

    Mais ce schéma ne s’applique pas forcément : il dépend du sujet. Certains sujets ne demandent pas une réponse nuancée à une question, mais ils demandent plutôt une réponse thématique, où les deux ou trois parties vont dans le même sens pour prouver la même idée.

    Plan chronologique

    En HGGSP, certains sujets demandent un plan chronologique, c’est-à-dire que chaque partie traite une période distincte. Dans ce genre de plan, il est difficile de faire un plan vraiment dialectique. Donnons un exemple !

    Admettons que je traite un sujet qui se déroule sur 300 ans. Je fais une première partie disons sur les 80 premières années. La deuxième partie serait par exemple sur l’année 80 à l’année 230. Si on reprend ce qu’on disait, il faudrait chercher une limite à la première partie. Mais comment nuancer ce qu’on a dit dans la première partie si on ne traite pas la même période ?

    1. 0 → 80une première partie
    2. 80 → 230la deuxième partie
    3. 230 → 300

    Définition

    Une rupture

    Une rupture désigne un changement profond avec la période précédente : c’est un moment, un événement ou encore un processus qui tranche avec ce qui était là avant. Cela marque de nouvelles dynamiques.

    Si pendant toute la période, une ou plusieurs dynamiques sont sensiblement similaires, alors il y a de bonnes chances pour que cela puisse former une seule même grande partie. Il y a une rupture dès lors qu’il y a un changement profond, qui vient changer les dynamiques et les mécanismes.

    Typiquement, la Révolution française marque une rupture dans l’histoire politique de la France avec l’abolition de la société d’ordres par exemple, et d’autres éléments encore.

    On voit donc qu’on ne peut pas répliquer exactement ce schéma. Lorsqu’on propose une réponse chronologique en HGGSP, on fait notre plan en fonction des ruptures.

    On voit donc que pour ces sujets chronologiques, le deuxième temps de la transition introduit cette fameuse rupture.

  3. C

    L’ouverture vers la partie suivante.

    Elle découle logiquement et nécessairement de ce qui a été abordé lors du deuxième temps.

  4. Par « logiquement », et « nécessairement », je veux dire que chaque élément doit permettre à l’autre d’être introduit. Cela veut dire que le lien entre les éléments doit être le plus évident possible.

    J’évoque ce point à l’échelle de la transition, mais en réalité, c’est à l’échelle de toute la dissertation que les idées doivent être liées logiquement. Pour incarner ces relations dites logiques, on utilise un outil que vous connaissez peut-être très bien : les connecteurs logiques.