Le brouillon

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Le brouillon

III

Le brouillon

L’objectif de cette session n’est pas de te donner un protocole fixe et rigide : l’idée est plutôt des conseils, des principes et des codes.

Lire sous le prisme de la consigne

1Lire attentivement la consigne et la comprendre

La consigne est un premier cadre à respecter impérativement et à ne pas négliger.

2Lire et comprendre le ou les documents

Les documents sont en quelque sorte le deuxième cadre à respecter impérativement. Le sujet c’est la consigne et les documents, et la consigne nous invite justement à utiliser les documents.

Lire et comprendre ce ou ces documents est donc fondamental. Il ne faut pas hésiter à lire plusieurs fois et à prendre des notes.

Il peut être fécond que de s’intéresser bien sûr au corps des documents, mais également à l’auteur si c’est un texte, à la date, aux légendes s’il y en a, à la source, et autres que cela encore. Si on peut être attentif à tous les détails, c’est toujours mieux, car un détail peut devenir une piste super intéressante voire centrale pour répondre au sujet.

3Reprendre les documents sous le prisme de la consigne

En réalité, lorsqu’on lit la consigne puis les documents, on lit déjà sous le prisme de la consigne, mais je pense que c’est quand même pertinent de le préciser.

4Extraire les informations dont on est susceptible d'avoir besoin

Étant donné qu’il faut répondre à la consigne avec ce ou ces documents, il est crucial de les exploiter autant que possible. J’ai envie de dire que presque chaque détail ou information peut être éventuellement utilisé.

En effet, il peut y avoir quelques détails dans le ou les documents qui peuvent être super intéressants pour l’étude. C’est pour cela que je pense qu’il faut vraiment être très attentif de sorte à ne pas passer à côté d’éléments potentiellement féconds et importants. Mais ce n’est pas parce qu’on repère un élément qu’on l’utilise forcément lors du développement. Essayer d’analyser en profondeur les documents, oui c’est une bonne chose, mais il ne faut pas non plus exagérer et passer un temps excessif à le faire, tout comme il ne faut pas tenter à tout prix de tout expliquer. J’en arrive à te conseiller une règle :

Au repérage, sois presque exhaustif. À l’exploitation, sois impitoyablement sélectif.

Et on en vient naturellement au point suivant :

5Trier les éléments repérés

Quand je dis « trier » j’entends deux mouvements :

1

Organiser par idée

Si tu remarques que plusieurs éléments vont dans le même sens, de telle sorte à ce qu’ils pourraient être regroupés sous une même idée, une même thèse, alors regroupe-les.

2

Hiérarchiser

Tu sélectionnes de manière impitoyablement sélective. Si un élément n’apporte pas grand chose et ne permet pas de mieux prouver une idée, alors elle n’est peut-être pas nécessaire.

Sélectionner et hiérarchiser les informations, c’est un point important qui est mentionné par l’EN :

Texte de l’Éducation nationale sur les attendus de l’étude critique de documents : le candidat doit montrer qu’il est capable de construire une problématique à partir du sujet indiqué par le titre et abordé par le ou les documents, qu’il comprend le sens général du ou des documents, qu’il est capable de sélectionner les informations, de les hiérarchiser, de les expliciter, et qu’il sait prendre un recul critique en réponse à sa problématique, en s’appuyant d’une part sur le contenu du document et, d’autre part, sur ses connaissances personnelles.

6Formuler une problématique et un plan

Après avoir lu la consigne qui nous donne le cadre, après avoir lu les documents qui permettent d’y répondre, après les avoir analysés en détail, après avoir trié les éléments, et avoir formulé des grandes idées directrices, on commence à dégager les enjeux du ou des documents, et à pouvoir apporter une réponse pertinente.

Je pense qu’on peut voir un peu la consigne comme étant une mission qui nous est confiée. Il y a un certain côté enquête en quelque sorte. Admettons :

En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, vous expliquerez les relations entre les États-Unis et l'environnement à toutes les échelles.

La mission est d’expliquer les relations entre les États-Unis et l’environnement à toutes les échelles. Pour ce faire, on nous dit comment procéder : on doit analyser et confronter les documents, et s’appuyer sur nos connaissances.

Après avoir lu précisément les documents, qu’on peut lire d’autant mieux si on a appris le cours en amont, on peut commencer à expliquer les relations entre les États-Unis et l’environnement à toutes les échelles.

L’idée ici est de formuler d’abord une problématique qui vient synthétiser les enjeux soulevés. Puis ensuite on peut répondre à cette question en formulant des grandes idées : si on a déjà dégagé des idées fortes, on les ajuste si besoin de sorte à ce que cela constitue une réponse cohérente et satisfaisante à la problématique. C’est donc le plan ! Mais il ne faut pas hésiter à l’améliorer si on voit qu’on peut mieux faire, de même que la problématique.

7Annexer autant que possible les informations du / des document(s) au plan

Ces idées permettent d’expliquer les relations entre les États-Unis et l’environnement à toutes les échelles, mais elles ne renvoient pas directement aux documents. En revanche, les informations des documents peuvent permettre d’étayer les idées et de les prouver.

On en revient à la base : faire une démonstration. C’est pour cela qu’on part d’idées. Mais ici, contrairement à la dissertation, on n’utilise pas seulement des connaissances pour prouver ces idées : elles servent bien sûr, mais elles ne suffisent pas. C’est pour cela qu’il faut relier les informations des documents aux parties du plan.

Pour ce travail, on peut par exemple utiliser le surligneur, et surligner les informations permettant de prouver l’idée de la première partie ensemble et ainsi de suite.

L’idée est de finir d’avoir un plan détaillé rempli par les informations des documents. Mais selon la qualité de ton tri et de ta hiérarchisation, cette étape est presque déjà finie en réalité.

8Rédiger l'introduction au propre.

Dans l'introduction, l’objectif est d’introduire le sujet, de présenter les documents, les enjeux du document, de formuler une problématique et un plan.

Quand la problématique et le plan sont finis, et qu’on est bientôt prêt à rédiger, on peut écrire l’introduction au propre. C’est l’idéal si tu as le temps !

Dans l’étude de documents, l’analyse du sujet est plus ou moins la présentation des documents.

Parmi les choses qu’on peut évoquer en présentant le document :

La nature du document.

Est-ce un article de presse, un discours ou une déclaration politique, un extrait de site institutionnel, une photographie, un tableau, un dessin de presse, une affiche, une carte, un rapport, une lettre ou un entretien, et il y a encore d’autres types de documents possibles. La nature du document peut impliquer des éléments qui peuvent aider à l’explication : on ne commente pas de la même manière une carte, un traité politique, une déclaration publique, ou une affiche de propagande par exemple.

L’auteur (si c’est un texte).

Si on connaît l’auteur, on peut essayer de placer le texte dans un contexte peut-être intellectuel ou politique, ce qui peut là encore nourrir notre analyse.

Date.

Tout document s’inscrit dans un contexte historique qu’on peut repérer grâce à la date. Et ce contexte donne lui aussi des clefs de lecture et d’analyse.

Chaque élément que tu présentes, que ce soit l’auteur, le type de document, la date, la source, le contexte, bref, chaque élément que tu présentes, tâche dans la mesure du possible d’expliciter ce qu’il suppose sur le document.

Chaque élément peut avoir un vrai rôle important dans l’explication.

Un texte de loi ne s’explique pas pareil qu’un extrait de discours, qui ne s’explique pas pareil qu’une carte et ainsi de suite.

  1. Résumer et soulever les enjeux.

    C’est là qu’on voit les grandes questions soulevées par les documents et qu’on traitera pendant le développement.

  2. Problématique.

    On synthétise ces enjeux en une question directrice qui se veut donc synthétique, claire, et spécifique.

  3. Plan.

    On répond à cette question en deux ou trois propositions : c’est le plan.

On arrive à la fin du brouillon. Selon le temps qui reste, ça peut être bien de faire la conclusion au propre, voire les transitions, mais dans une épreuve aussi serrée, ça ne sera probablement pas toujours possible.

DU SUJET À L’INTRODUCTION AU PROPRE

RÉCEPTION DU SUJET

lire la consigne et les documents

LECTURE APPROFONDIE

extraire les informations, les organiser par idée et les hiérarchiser

RÉPONSE

formuler la problématique et les grandes idées du sujet

PLAN DÉTAILLÉ

annexer les grandes idées aux documents et aux connaissances

INTRODUCTION AU PROPRE

présenter les documents, en dégager les enjeux, formuler la problématique et annoncer le plan