Quoi faire

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La fatigue décisionnelle

Savoir quoi faire : tes objectifs, tes tâches, et l'ordre qui fait avancer.

La fatigue décisionnelle

Ce qu'on appelle la procrastination est une des plus grandes difficultés qu'on peut retrouver de nos jours, en particulier au lycée. Cela peut avoir un grand nombre de causes, comme l'évitement émotionnel, par exemple. La cause qui nous intéresse dans ce guide est la fatigue décisionnelle.

La fatigue décisionnelle est un concept bien documenté en psychologie cognitive et en neurosciences. Il désigne l'épuisement mental qui survient après avoir pris de nombreuses décisions, ce qui altère la qualité des décisions suivantes et pousse à l'évitement.

Cela fait qu'on peut reporter des tâches lorsqu'on se demande « par où commencer », « quoi faire maintenant », ou « comment m'y prendre ».

Dans la même lignée, le manque de clarté sur ce qu'on doit faire, ou la sensation d'avoir une tâche trop difficile, peuvent être des facteurs parmi les nombreux facteurs qui mènent parfois à la procrastination.

Cette fatigue décisionnelle est bien documentée. La Cleveland Clinic, un grand hôpital américain, résume ainsi : « Decision fatigue can also lead to procrastination, avoiding decisions, feeling paralyzed. », autrement dit : la fatigue décisionnelle peut mener à la procrastination, pousser à fuir les décisions, donner l'impression d'être paralysé.

Quatre premières réponses

Parmi les solutions proposées, le Centre for Clinical Interventions (CCI, gouvernement d'Australie-Occidentale), spécialisé entre autres dans la procrastination, recommande quelques actions concrètes :

  1. Écrire une liste de tâches (jour, semaine, mois)

  2. Prioriser (numéroter de 1 à N par ordre d'importance)

  3. Découper chaque tâche en petites étapes (« grading »)

  4. Estimer le temps pour chaque étape

De même, l'Université de Sydney, la Cleveland Clinic, et l'Université de Nouvelle-Angleterre recommandent ces mêmes stratégies comme premières lignes de défense contre la procrastination.

Écrire une liste de tâches (jour, semaine, mois)

L'idée est d'écrire ses tâches et ses objectifs de la journée, de la semaine ou même du mois. Cela permet d'externaliser la mémoire, ce qui peut nous décharger. Après tout, c'est plus simple de noter la liste de courses que de chercher à se remémorer ce qu'on nous a demandé. Cela permet aussi de rendre les tâches visibles et concrètes. C'est déjà un premier pas vers l'exécution.

Prioriser (numéroter de 1 à N par ordre d'importance)

Ces tâches listées gagnent à être classées par ordre d'importance. Aussi, on formule et on conscientise quelle tâche a la plus de valeur : celle qui nous est la plus urgente, ou celle qui nous permet le plus d'avancer.

Lorsqu'on a une liste, on peut être paralysé au moment de choisir. Mais lorsqu'on a fait un ordre, on sait quelle est la prochaine tâche qui nous attend. Ainsi, prioriser est susceptible de réduire la paralysie du choix. La décision étant prise à l'avance, la fatigue décisionnelle peut être réduite.

Découper chaque tâche en petites étapes (« grading » ou « chunking »)

L'idée est de décomposer une tâche en micro-étapes. L'objectif est de rendre plus simple une tâche, en réduisant l'ampleur du travail qui nous attend. C'est en quelque sorte comparable au fait de consommer des calories de manière étalée en plusieurs repas, plutôt que dans un repas unique de 3000 calories, pour ceux qui font une prise de masse. Ce découpage permet aussi de gagner rapidement : on passe à l'action, on finit une tâche, et on peut la cocher. C'est une victoire, et ça fait du bien de gagner régulièrement. Découper ses tâches est aussi utile pour être précis et formuler presque exactement ce qu'on veut faire.

Estimer le temps pour chaque étape

Cela permet de rendre une tâche plus précise, et d'avoir une idée de ce qu'elle risque de nous coûter. Cela nous permet également de programmer nos actions. Par exemple, si j'ai deux heures devant moi, je sais que je peux faire ces deux tâches qui durent une heure, et pas la troisième tâche qui dure trois heures.

Le CCI précise : « les personnes qui procrastinent surestiment ou sous-estiment souvent le temps, donc tu devras peut-être chronométrer tes tâches pour t'entraîner à être plus précis ».

Les 4 étapes ci-dessus viennent du Centre for Clinical Interventions (CCI), un service gouvernemental australien spécialisé dans la procrastination. Leurs fiches sont gratuites et disponibles ici pour ceux qui veulent aller plus loin : cci.health.wa.gov.au/procrastination