Objectifs et sous-objectifs
La base théorique étant posée, je te présente le volet « quoi faire » du système.
Étape 1 : Définir des objectifs
Une action ou une tâche se fait généralement par rapport à un objectif. Si tu fais tes devoirs, c'est pour progresser en vue du baccalauréat, ou pour avoir un bon bulletin, et d'autres motivations encore.
Étape 2 : Les objectifs intermédiaires ou sous-objectifs
Après avoir défini l'objectif final, il faut définir des objectifs intermédiaires qui nous sont imposés et qui contribuent plus ou moins à l'objectif final.
Prenons un exemple. On a dit que l'objectif était la réussite au baccalauréat. Cela fait que si tu travailles un soir lambda tes cours d'HGGSP, ton objectif est le baccalauréat. Maintenant, il est possible que ton professeur t'ait donné un devoir ou que tu aies une évaluation dans deux semaines. Tu peux continuer à travailler à plus long terme pour le bac, mais tu es amené à travailler en vue de ce contrôle ou de ce devoir. Les tâches que tu fais visent donc cet objectif secondaire, tout en contribuant à ton objectif principal.

Enfin, il y a la liste des tâches qui permettent d'accomplir l'objectif secondaire. C'est donc ici qu'on définit les tâches qu'on va faire.
Par exemple, pour préparer l'objectif secondaire « DS HGGSP » du 15 octobre, on révise le chapitre 1, puis le chapitre 2, puis on relit nos anciennes copies, puis on s'entraîne avec la technique de la feuille blanche, puis avec un plan détaillé avant de s'entraîner en conditions réelles, pendant deux heures.
Hiérarchiser
Hiérarchiser ses tâches, c'est leur donner un ordre : ce qui mérite d'être fait avant, ce qui peut attendre. Plusieurs éléments peuvent guider cet ordre : l'urgence de la tâche, son utilité, sa difficulté, le temps qu'elle risque de nous prendre, ou même le plaisir qu'on aurait à la faire. Dans ce guide, je te propose qu'on se concentre sur quelques-uns.
L'urgence, c'est la pression de la date. Une tâche n'est pas urgente dans l'absolu : elle est urgente parce que quelque chose arrive bientôt. Et comme une tâche sert toujours un objectif, c'est la date de cet objectif qui lui donne la sienne. Un contrôle annoncé pour vendredi rend urgente toute tâche qui y prépare : relire le chapitre ou refaire les exercices non réussis presse aussi, car chaque jour qui passe rapproche vendredi. À l'inverse, un objectif lointain, comme le bac en juin, donne à ses tâches une urgence faible : elles comptent, mais elles peuvent attendre encore un peu. Voilà pourquoi on définit les objectifs avant les tâches : une tâche qui prépare un objectif proche presse, même si elle est simple ; une tâche qui ne sert qu'un objectif lointain peut attendre.
L'utilité, c'est-à-dire à quel point tu te serais rapproché de ton objectif en la réalisant. Toutes les tâches ne font pas avancer autant les unes que les autres. Réviser le chapitre 2 alors qu'il tombe au contrôle te rapproche beaucoup de l'objectif ; recopier au propre des fiches déjà maîtrisées, moins. À temps de travail égal, ces deux tâches n'auront peut-être pas les mêmes conséquences.
La difficulté, c'est l'effort que demande la tâche. Relire ses notes est léger : cela se fait fatigué, dans le bus. Rédiger une introduction complète est costaud : il faut être concentré, et avoir assez de temps devant soi pour ne pas couper au milieu. Un devoir entier en conditions réelles, c'est un gros morceau : cela ne se glisse pas entre deux choses, cela se place dans le meilleur moment de la semaine.
Le temps, enfin, c'est ce que la tâche risque de te coûter, en minutes ou en heures. Mon conseil : estime large, sauf si ta semaine est déjà très chargée. Surestimer coûte peu : la tâche peut se terminer plus tôt que prévu, et tu enchaînes alors avec ce que tu veux. Sous-estimer coûte cher : la tâche peut déborder, et toute la suite de ton planning glisse derrière elle. Et puis prends le réflexe de mesurer le temps réellement passé sur certaines tâches : au fil des semaines, tes estimations deviennent plus justes toutes seules.
Une fois ces éléments posés, une règle simple se dessine : une tâche urgente et utile passe devant une tâche qui n'est ni l'un ni l'autre, car c'est elle qui fait le plus avancer là où le temps presse. Reste à matérialiser cette hiérarchie. Tout ce que je propose ici n'est que mon avis et ma façon de faire : personnellement, j'aime bien les rangs à la tier-list, S, A, B. Le rang incarne la hiérarchie des tâches : une tâche rangée S me rapproche plus de mon objectif, elle est plus urgente et plus importante, qu'une tâche rangée A. Ce n'est pas parce qu'une tâche est rangée S que tu dois la faire en premier ; mais au moins, quand tu ouvres ta liste, tu sais où tu en es, et tu n'as plus à choisir à chaud.

Maintenant qu'on sait quoi faire et pourquoi le faire, une nouvelle question se pose : quand est-ce que je le fais ?